Au début de l'année, je reçois un coup de téléphone de Marilyne, une amie de longue date, me demandant si je voulais participer en duo avec elle à la première édition de la RAAF. Ma réponse ne se fait pas attendre, c'est oui.

 

photo officielle 4

 

Mandelieu, dimanche 19 août à 9h, c'est parti pour Marilyne qui effectue le 1er relais. 27 kilomètres plus loin, c'est à mon tour d'effectuer mes premiers coups de pédale sur cette course organisée par mon ami Arnaud Manzanini, finisher de la RAAM en 2015. Les jambes tournent très bien.

 

début de course

 

En haut du premier col, j'aperçois 2 ou 3 km en contrebas la 2ème équipe mixte. Avec Marilyne, nous avons décidé de faire des relais de une à deux heures pour ne pas trop s'entamer. Nous progressons à un bon rythme. Les gorges du Verdon sont derrière nous, et nous fonçons en direction du Ventoux. Notre progression est freinée par une erreur de parcours de ma part dans le secteur de Saint-Saturnin d'Apt. A la nuit tombante, Marilyne s'attaque au Ventoux qu'elle gravit en 1h26 ! Je prends le relais au sommet et fonce à Crest où nous attendent Gilbert et Patrick avec le camping-car prêté par le frère de Marilyne. Nous effectuons un arrêt d'au moins une demi-heure.

Au sommet du col du Rousset, j'aperçois de nouveau la 2ème équipe plus bas. Au gré des relais, après la traversée du Vercors, Marilyne se farcit la mythique montée de l'Alpe d'Huez et moi j'enchaîne par le col de Sarenne, puis c'est le Galibier pour Marilyne. Dans la descente, je prends un peu de pluie, mais rien de méchant. Je suis très bien et fonce à Lanslebourg, mon pays d'adoption. L'orage menace. Il finit par éclater dans l'Iseran. Marilyne arrive à Val d'Isère frigorifiée. Moi je suis en pleine forme après avoir dormi et repars sous la pluie qui cesse rapidement. Je gravis en pleine nuit le Cormet de Roseland. Dans la descente, je rejoins Jean-Charles avec qui j'ai fait l'assistance d'Arnaud sur la RAAM et qui est parti un jour avant nous. Il n'est pas très vaillant, je l'encourage en pensant qu'il sera dur pour lui d'être finisher !

 

photo 1-1 Denis

 

Les Saisies et la Colombière sont une formalité pour ma partenaire. Pour moi, c'est le col de Leschaud. C'en est fini de la montagne, mais pas du dénivelé ! A Yenne, il faut faire un détour par Nattage : les gorges du Rhône sont coupées à la circulation. Arrive Marilyne qui en a marre, je prends le relais plutôt que prévu et le lâche à Trévoux, soit 100 km plus loin, car je tiens à être sur le vélo dans ma région où quelques camarades sont venus m'encourager : Merci à Loïc mon fils qui m'ouvre la route en scooter de Crémieu à Tramoyes ainsi qu'à Patrick, Jacki, Sébastien du club, présents sur le bord de la route, et à Bruno qui m'accompagne en vélo de Saint-André de Corcy à Trévoux. Il fait extrêmement chaud (36°C). Je reprends le relais juste avant Charolles. La nuit vient de tomber. Le parcours emprunte des routes très casse-patte mal revêtues.

 

 

 

Au petit matin, changement de décor : belles routes planes sur lesquelles je peux exprimer mes qualités de rouleur. Je rattrape Jean-Louis Perez que je cotoie lors des nationaux Ufolep de CLM et qui occupe la 3ème place des solos. Je le distance, mais il accompagne Marilyne pendant son relais. Je le vois passer le temps de prendre la suite de Marilyne. Je suis rapidement dans sa roue, nous discutons un petit moment, je le ravitaille en eau et le guide, car il perdu sa voiture d'assistance. Je roule fort et le distance. Un petit arrêt pour la photo devant le château de Chambord, puis c'est la traversée de Blois. La Flèche est atteinte par ma partenaire, puis je lui laisse le relais à Alençon à la tombée de la nuit. Nous traversons la Normandie de nuit. Je suis à Omaha Beach, haut lieu du débarquement au lever du jour.

 

Chambord

 

C'est alors que je tourne en rond un bon moment pour trouver l'itinéraire. Depuis la fin de la première journée, mon Garmin a planté, et je n'ai plus la trace du parcours ; la navigation, uniquement avec le road-book, c'est chaud ! Puis c'est au tour de Marilyne, après le pont de Normandie, de ne pas trouver l'itinéraire qui est interdit au véhicule. Après moult explications au téléphone, et une crise de nerfs, nous la voyons enfin apparaître à l'endroit prévu pour la retrouver. Après une petite bosse, j'évolue sur des routes planes avec le vent dans le dos. Il ne reste plus que 230 km. Nous décidons de faire des petits relais de moins de 2h. Ça commence "à sentir bon"l'écurie. Nous effectuons les dix derniers kilomètres ensemble, et nous passons la ligne d'arrivée en 4 jours 13h et 20mn après 2600 km de course. Ce qui fait un petit 24km/h de moyenne, arrêts compris (qui ont été nombreux). Nous terminons les premiers de la catégorie, grâce à une assistance efficace. Merci à Bernard, Denis, Gilbert, A-Marie, Gil et Patrick.

photo à l'arrivée avec l'assistance